Barthes, dans Fragments d'un discours amoureux
(à lire, pour ceux qui réfléchissent un tant soit peu à ce qu'ils ressentent,
au comment, et afin de comprendre la similitude qui anime l'Humanité), Barthes donc, écrivait ceci :
"Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre,
savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime,
savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien,
qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture."
C'est cruel. L'implacable du "jamais", le vain de ne plus pouvoir "sublimer",
l'insoutenable de l'image invoquée par le "tu" lorsque associée au sens
donnent envie de nier ce livre et retourner au sien.
Pourtant je le crois. Non pas "je le pense","je le sais" ou "il a raison", mais : je le crois.
Une fois en cours nous voyions un film où le peintre s'échinait à peindre son sujet féminin,
à la fin il y arrivait bien entendu, c'était un film, une histoire.
Je définissais ceci : il veut sauver son corps. Car il s'agit de cela n'est-ce pas ?
Il voulait la peindre pour représenter son corps (par extension : elle),
garder une trace d'une rare composante de valeur de l'existence.
(Ou alors voulait-il simplement signifier un je ne sais quoi dans sa toile grâce
à elle en tant que modèle,
auquel cas elle devenait un ustensile et son cas ne m'intéressait plus.)
L'interrogation suivante me saisissait alors : s'il voulait effectivement sauvegarder son corps,
alors ne devait-il pas être sculpteur, et non peintre ?
Aussi le voyais-je condamné à peindre toute sa vie
sans jamais atteindre ce qu'il souhaitait réellement.
Le don que j'ai reçu (mais personne ne me l'a donné) est celui de pouvoir écrire.
Je ne suis pas sculpteur, cela ne m'eut pas plu de toute façon, mes mains ne savent rien faire.
Mais en échange de ne pouvoir copier le corps, je peux essayer de recréer une parcelle d'âme.
Un fragment, aussi petit soit-il, qui animerait parfois un personnage,
un reflet dans un regard qui aurait quelque chose de réel.
Ecrire est une fuite en avant, incapable de faire exister la réalité,
jamais rassasié, jamais abouti, jamais atteint, chaque roman en précède un autre,
il n'y a pas de solution.
Le fait présent est le suivant : elle s'en va,
dans les Songes Profanes, j'ai préféré écrire ceci : elle s'en vint.
Roman merveilleux. L'aventure se passe sur le Continent, monde différent de la Terre mais d'époque post-Renaissance. L'Etoile, nation intègre et puissante, se veut le phare du monde et ses protecteurs, les Prétoriens, veillent. Il est un homme, perdu et désabusé, chérissant ses repères qui a choisi la voie de la Prétorie, du sang et des armes. Il parcourt pour l'instant la capitale, Sciscere, allant des entraînements aux maisons de passes, des casernes aux parcs, des cieux aux ruelles. Il calme sa fureur dans le sang, sa crainte avec Annane la fille de réconfort, son désir en combattant la fille qu'il aime.
Les illustrations 2 et 3 (Annane) sont de Jonathan Paterne, meci Jo !
Pour ceux qui auraient lu la précédente version, j'ai modifé le narrateur, passant d'un je trop personnel à un il moins contraignant, une distanciation créatrice donc. J'ai changé le prénom du second chef de la Prétorie pour des raisons complexes, je le remettrai plus tard. J'ai remis un paragraphe que j'avais supprimé il y a quelques années, celui sur la scène, parce qu'il est crucial au regard de la problématique du livre. Même si je voulais l'introduire plus tard, j'ai besoin de cette clef dès maintenant car je m'en sers lors du premier chapitre sur Frann, le huitième. Enfin j'ai modifié la fin, pour lancer l'intrigue dès le début, sans quoi nous aurions eu un personnage qui se promène en ville durant des centaines de pages avant que l'histoire ne se lance.
Sinon, bah que dire...
Dans un futur proche, là où la technologie des consortiums se mèle à la magie de l'hybre, un homme s'oppose à l'Aestima, aux maènes, aux Judicateurs et à Réno, régnants sur le monde.
Le synopsis tel quel ne donne pas une bonne idée du livre, ça paraît convenu et débile, mais je l'aime beaucoup cette nouvelle.
Bah ce qu'il y avait à en dire n'est plus d'actualité...
Dans une petite cité d'un monde anachronique, des gens disparaissent au travers de cercles de craie tracés à même le sol.
Bah y'a pas grand chose à en dire...
L'histoire d'une poignée d'ados se réveillant un matin seuls sur Terre et se l'appropriant.
Bah j'ai rien envie d'en dire...